
L’exposition répétée à une même œuvre finit par produire un effet particulier : les visages deviennent familiers, les rôles reconnaissables, et la frontière entre répétition et réalité peut se brouiller. Lorsqu’un individu a l’impression d’assister sans cesse au même « film », il en vient naturellement à identifier des constantes, des figures récurrentes, et un scénario qui semble se répéter.
Dans ce récit, tout paraît organisé, structuré, comme si un déroulement précis était à l’œuvre. Les personnes perçues comme impliquées présentent des traits communs : apparence soignée, attitude assurée, comportement semblable. Une question revient alors : comment un tel dispositif pourrait-il être soutenu matériellement ? L’hypothèse avancée est celle d’un système qui se financerait indirectement par la lutte contre la criminalité, notamment par la récupération de fonds illégaux.
Au fil du temps, le nombre de personnes perçues comme participantes semble augmenter, donnant lieu à un sentiment de densité croissante et à une difficulté à distinguer les individus ordinaires de ceux qui paraissent impliqués dans ce scénario.
Effets perçus
Selon ce témoignage, ce système aurait certains effets positifs : réduction de la criminalité, récupération d’avoirs illicites et meilleure compréhension globale des dynamiques territoriales. Sur le plan personnel, cette perception aurait même contribué à un changement de trajectoire. Il y a deux ans, l’auteur du témoignage affirme avoir cessé toute activité criminelle, motivé par le désir de s’extraire de ce qu’il percevait comme un rôle imposé. Sa réinsertion sociale est décrite comme stable et réussie.
Difficultés persistantes
Malgré cette évolution positive, un malaise demeure. La difficulté principale évoquée concerne l’impossibilité ressentie de « sortir » complètement de ce scénario. L’isolement, le silence et l’incompréhension de l’entourage sont décrits comme des conséquences lourdes. Le sentiment d’être ramené vers le passé, malgré des efforts constants de réinsertion, constitue un élément central de la souffrance exprimée.
Rapport aux institutions
Les démarches effectuées auprès de différentes polices municipales auraient donné lieu à des réponses similaires : remise en question du vécu, interrogation sur une possible consommation de substances, suggestion d’un suivi médical. Ce caractère répétitif renforce le sentiment d’incompréhension et d’absence de reconnaissance du vécu exprimé.
Une recherche de compréhension
Depuis environ cinq ans, l’objectif principal de cette démarche est de déterminer si cette expérience relève d’une réalité objective ou d’un ressenti subjectif. L’auteur précise qu’il est abstinent depuis son arrivée à Saint-Jérôme il y a six mois et qu’il bénéficie d’un suivi psychiatrique, lequel conclut à un état jugé stable. Cette situation alimente une incompréhension persistante quant à l’origine de ces perceptions.
À la question « pourquoi moi ? », l’auteur avance l’hypothèse que sa volonté de comprendre et de rendre visible ce vécu pourrait expliquer la persistance de ce sentiment, qu’il juge préjudiciable à son équilibre.
Conclusion
Ce témoignage souligne la difficulté de vivre avec la perception d’un scénario imposé, qu’il soit réel ou non. L’expérience décrite ne semble pas s’atténuer avec le temps, malgré une stabilité personnelle retrouvée. La question du sens et de la finalité de ce vécu demeure ouverte.
En rendant ce témoignage public, l’auteur exprime avant tout le besoin d’être entendu et de mettre en lumière l’impact humain que peut avoir un tel ressenti sur une personne engagée dans un processus de réinsertion et de stabilité.
