Steve Bélanger (28)

Quand la réinsertion déraille : récit d’une chute annoncée


Mettre ses idées sur papier peut parfois ouvrir la porte à des réflexions profondes. Pour l’auteur de ce témoignage, l’écriture devient un moyen de revisiter un parcours marqué par l’incarcération, la thérapie, l’espoir de réinsertion… et une rechute aux conséquences lourdes.

Au cœur de ce récit, un homme prénommé Steve. Un individu connu du système judiciaire, avec près de 60 dossiers de vols à l’étalage en attente de jugement. Les deux hommes se rencontrent dans un contexte commun : la détention.

L’auteur se retrouve incarcéré à la suite du non-respect de conditions judiciaires liées à une ancienne relation conjugale. Faute de ressources, de moyens de communication et d’un lieu où se reloger, son avocat lui propose une thérapie fermée. À cette époque, l’homme consomme et son état mental est fragile, aggravé par un sentiment constant de surveillance qu’il dit subir depuis longtemps.


La thérapie comme point de bascule

En centre thérapeutique, Steve se montre insistant, cherchant à créer un lien d’amitié malgré des personnalités très différentes. Peu à peu, une relation s’installe. Après deux mois, les sorties de fin de semaine sont autorisées. La conjointe de Steve transporte alors l’auteur entre le centre et son domicile.

La thérapie dure six mois. À sa sortie, l’homme affirme avoir complété le programme avec succès et être apprécié du personnel et des autres résidents. Une amie lui vient en aide et il s’installe à Sainte-Catherine, en Montérégie.

Le contraste est frappant : un quartier calme, presque trop silencieux. Rapidement, il trouve un emploi, une voiture et une stabilité qu’il décrit comme rassurante.

« Tout allait bien. Trop bien », confie-t-il.


L’arrivée de Steve et la rechute

Deux mois plus tard, Steve refait surface. Sans logement, il demande à être hébergé temporairement. L’auteur accepte, sans imaginer les conséquences. Dès le premier jour, Steve lui offre des amphétamines. La rechute commence. Peu après, le crack fait son entrée dans la maison.

La situation se dégrade rapidement. Steve invite d’autres personnes issues du même centre de thérapie. Un camping-car apparaît sur le terrain, puis un autre occupant s’ajoute. Le voisinage s’irrite. L’ambiance devient chaotique.

Selon le témoignage, Steve se transforme. Bruit excessif, cris, musique à plein volume, conflits constants. « Ce n’était plus le même homme qu’en thérapie », affirme l’auteur, qui décrit un comportement qu’il qualifie de dérangeant et déstabilisant.


Perte du logement et itinérance

La rechute entraîne l’effondrement des efforts entrepris depuis plus d’un an. L’atmosphère devient invivable, tant pour l’auteur que pour la propriétaire âgée qui l’hébergeait. Lorsque celle-ci vend sa maison, la situation bascule.

Déjà accaparé par ce qu’il décrit comme du harcèlement policier, l’homme ne parvient pas à se reloger. Il se retrouve en situation d’itinérance.


Des questions sans réponses

Avec le recul, l’auteur s’interroge. Était-ce une simple succession de mauvais choix ou une mécanique plus complexe ? Il soulève l’hypothèse — sans pouvoir l’étayer — d’une possible manipulation impliquant Steve et des acteurs du système judiciaire québécois.

Il évoque la Sûreté du Québec, le Directeur des poursuites criminelles et pénales, et s’interroge sur d’éventuelles négociations en échange d’avantages judiciaires. Aucune preuve tangible n’est présentée, mais les questions demeurent pour lui bien réelles.

« Et si je me trompe ? », reconnaît-il.

« Mais si je ne me trompe pas, jusqu’où peut-on aller pour briser quelqu’un ? »

Ce témoignage, aussi troublant soit-il, met en lumière les fragilités du parcours de réinsertion, les rechutes possibles et la frontière parfois floue entre perceptions personnelles et réalité institutionnelle. Une chose est certaine : il soulève des questions qui, pour l’auteur, restent sans réponse.