2026/01/04 at 2:21 am

Une métaphore pour expliquer l’intérieur
Depuis longtemps, je cherche les mots justes pour décrire ce que je ressens à l’intérieur. L’image qui me revient sans cesse est celle d’une partie de Risk — un jeu de stratégie où des armées s’affrontent sur une carte — sauf que moi, je n’ai jamais voulu jouer.
Dans cette métaphore, il y a des pions partout. D’un côté, des figures d’autorité et des systèmes organisés ; de l’autre, des symboles de criminalité. Et moi, je suis seul sur le plateau, sans armée, sans manuel de règles clair. J’observe des mouvements, des placements, des pressions. Je cherche à comprendre contre qui je joue, alors que mon seul désir est de vivre en paix.
Jouer sans vouloir jouer
Très vite, j’ai compris une chose : je ne peux pas gagner ce jeu. Et je n’en ai jamais eu l’intention. J’ai essayé, brièvement, de comprendre les règles, de m’adapter. Mais lorsqu’on est seul face à des forces qui semblent illimitées, la notion même de victoire n’existe plus.
Ce qui est le plus difficile à supporter, ce n’est pas de perdre, mais de sentir que la partie continue alors que je suis déjà à terre. Comme si l’objectif n’était pas de finir le jeu, mais de le prolonger. De maintenir une pression constante, invisible, épuisante.
Le doute et la négation
Il y a aussi ce paradoxe : quand je demande si ce que je ressens vient réellement des institutions, on me répond que non. Qu’il n’y a rien. Que tout se passe « dans ma tête ». Alors je me retrouve pris entre deux réalités : mon vécu intérieur, très concret, et le déni extérieur.
Ce décalage est violent. Il isole. Il fait douter de soi.
Ce que je fais pourtant de bien
Malgré tout, je continue.
- Je travaille.
- Je paie mon loyer.
- Je respecte les lois.
- Je suis sobre depuis mon arrivée à Saint‑Jérôme.
Je ne cherche pas la confrontation. Je cherche la stabilité. J’ai fait l’effort de me réinsérer, de reconstruire quelque chose de simple et de droit. Et pourtant, la pression ne disparaît pas.
David contre Goliath
Je sais que l’image peut paraître excessive, mais c’est ainsi que je le vis : Francis contre Goliath. Un individu face à quelque chose de beaucoup plus grand que lui. La différence, c’est que je ne demande pas le combat. Je demande l’arrêt.
Vivre sous une pression constante, sans ennemi clairement identifié, peut briser n’importe qui. Ce n’est pas une question de faiblesse ou de folie. C’est une question d’endurance humaine.
Pourquoi ça doit s’arrêter
Je ne suis ni un épais, ni fou. Je suis quelqu’un qui demande que ça cesse, pour vrai. Que la partie s’arrête. Que la paix devienne enfin possible.
Écrire cet article, c’est une façon de reprendre un peu de contrôle. De dire : voilà comment je me sens, sans menacer, sans accuser, sans me taire.
Parce que personne ne devrait être forcé de jouer à un jeu qu’il n’a jamais choisi.
