2026/01/10 at 10:53 pm
Nouveau départ, même mécanique
En six ans, j’ai déménagé deux fois. Pas par caprice, mais par nécessité. Mon objectif a toujours été le même : comprendre d’où venait le harcèlement constant que je subis. Est-ce le voisinage ? Le crime organisé ? Ou la police elle-même ? À chaque nouveau départ, la réponse finit par s’imposer d’elle‑même : peu importe l’endroit, le même scénario se répète.
Saint‑Jérôme : l’illusion de la sécurité
Lorsque je me suis installé à Saint‑Jérôme en juillet 2025, la présence policière autour de la Hutte et du parc adjacent était visible. Les policiers circulaient, discutaient avec nous. Cette présence créait un minimum de sécurité, autant pour les personnes vulnérables que pour les citoyens du secteur.
Puis, sans explication, cette présence s’est évaporée.
À partir de ce moment‑là, tout a changé. J’ai rapidement compris une chose : lorsque ce que j’appelle la « fausse police » est active sur le terrain, la vraie police disparaît. Plus personne ne semble voir le trafic anormal, les véhicules qui roulent à vive allure sans éclairage de plaque, ni les comportements dangereux qui se multiplient pourtant sous les yeux de tous.
Trois mois de silence
Au début, j’ai tenté de rationaliser. Le secteur est difficile : drogues, prostitution, vols liés à la dépendance. J’ai encaissé. J’ai observé. J’ai attendu.
Trois mois.
Trois mois sans jamais pouvoir être réellement seul. Trois mois où chaque déplacement devient une épreuve. Aller à Montréal ? Impossible sans avoir l’impression d’être suivi du début à la fin par des dizaines de personnes. Cette pression constante est épuisante, surtout lorsqu’on essaie de se relever et de reprendre sa vie en main.
Le 22 septembre : une porte fermée
Le 22 septembre, j’ai décidé d’agir correctement. J’ai rédigé une lettre et je me suis présenté au Service de police de Saint‑Jérôme pour la remettre à la direction.
À l’accueil, j’ai expliqué ma démarche. On m’a demandé mon nom et ma date de naissance. Quelques minutes plus tard, un superviseur est entré.
Le discours était prévisible, mécanique, identique à celui entendu dans d’autres villes. Lorsque j’ai tenté de lui remettre ma lettre, il a refusé. Il ne l’a ni lue, ni acceptée. « On ne fait pas ça d’habitude », m’a‑t‑il répondu.
En revanche, il a pris le temps de me dire que si je voyais quelqu’un en particulier, je n’avais qu’à appeler le 9‑1‑1.
Le soir même : la preuve par l’intimidation
Le soir même, la situation a dégénéré.
Un homme assis dans un Subaru, soi‑disant en train d’attendre sa conjointe, m’a proféré des menaces de mort. Ce n’était pas un inconnu : je l’avais déjà vu à plusieurs reprises. Il riait de moi alors que je venais de vomir après avoir mangé de la nourriture apportée à la Hutte. Je ne peux pas prouver le lien, mais son amusement face à mon état était troublant.
Me rappelant les paroles du superviseur, j’ai appelé le 9‑1‑1.
On m’a répondu qu’aucun véhicule n’était disponible.
Je me suis assis sur le trottoir pour attendre. Pendant ce temps, l’homme continuait ses provocations : gestes obscènes, regards insistants, puis le geste final — il a mimé un fusil avec ses mains en pointant sa tête.
À ce moment‑là, la peur était réelle.
J’ai rappelé le 9‑1‑1 pour signaler la menace explicite. Les policiers sont arrivés peu après.
Toujours le même scénario
La policière m’a posé les mêmes questions que d’habitude : consommation, médication. J’ai répondu non. J’étais sobre depuis plusieurs mois.
Sa conclusion ? L’homme attendait simplement sa conjointe chez l’optométriste.
Ma question était pourtant simple : pourquoi m’a‑t‑il menacé ?
La seule réponse que j’ai obtenue : « Veux‑tu que je te ramène à la Hutte ? »
J’ai refusé. Je suis reparti à pied.
À qui profite le chaos ?
Pendant longtemps, j’ai cru que ceux qui me nuisaient faisaient partie du crime organisé. J’ai même pensé que certaines mises en scène visaient à diriger mes soupçons dans cette direction, surtout après avoir tenté de m’adresser à la police.
Aujourd’hui, deux questions s’imposent :
- Qui a le pouvoir réel d’écarter la police municipale d’un territoire ?
- Qui bénéficie d’un climat où plus personne n’intervient ?
La réponse, selon moi, est claire : la Sûreté du Québec.
Un territoire laissé à l’abandon
Sur le terrain, la réalité est brutale :
- Consommation de drogues dans les véhicules
- Vente de drogues sans aucune discrétion
- Personnes qui dorment dehors pendant que des ressources sont mal utilisées
- Argent distribué qui alimente la dépendance plutôt que la sortie de la rue
- Gens qui dorment dans leur voiture parce que le système rend cette option plus rentable
Pendant ce temps, la police municipale, censée assurer la sécurité de proximité, est absente ou muselée.
Lettre ouverte à l’administration municipale
M. Barbeau,
Est‑il encore possible d’avoir une véritable police municipale à Saint‑Jérôme ? Une police visible, responsable, imputable ?
Tout indique que ce qui se passe réellement sur le terrain ne vous est pas fidèlement rapporté. Votre vision de l’itinérance semble façonnée par un appareil policier déconnecté, voire profondément malhonnête.
Si votre objectif est sincèrement d’améliorer les conditions de vie des personnes itinérantes et de préserver la quiétude des citoyens, une chose s’impose : le retour actif et constant de la police municipale autour de la Hutte.
Je serai présent à votre prochaine assemblée. J’y apporterai la vidéo d’un policier roulant en sens inverse sur la route 117 ainsi que la lettre que votre service a refusé de recevoir le 22 septembre.
Je me suis installé à Saint‑Jérôme dans l’espoir d’un nouveau départ et d’une collaboration honnête avec les bonnes personnes.
Aujourd’hui, je constate surtout une situation inacceptable qui mine la sécurité, la dignité et la paix sociale d’une ville qui mérite mieux.
Vidéo du policier en sens inverse
