2026/01/13 at 2:32 am

12 Jan. 2025 – 925 Rue Labelle, Saint-Jérome, Qc
Le capitaine m’a finalement montré son pion préféré : le camion Hydro-Québec.
Je peux maintenant vous en parler ouvertement. 🙂
Aujourd’hui, un nouveau pion entre en jeu
J’ai déjà expliqué à quel point il est facile de faire passer quelqu’un inaperçu : une mamie, un camion de livraison, un itinérant… Aujourd’hui, on ajoute un autre élément à la liste : le camion Hydro-Québec.
Vu d’en haut, le scénario est toujours le même. Un gars dans un poteau, qui semble ne rien faire. Et curieusement, il redescend souvent exactement au moment où tu passes. Comme si le travail pouvait attendre… sauf ton passage.
J’ai déjà été témoin d’une coupure d’électricité qui, selon moi, n’avait aucune raison valable. Ce qui est encore plus étrange, c’est ce qui a suivi.
J’ai éteint les lumières de mon auto et je me suis stationné discrètement derrière eux. Pendant de longues minutes, ils ne faisaient rien : assis dans le camion, à discuter. Ils ne se sont jamais rendu compte que j’étais là. Ce n’est que lorsqu’un automobiliste de passage les a avertis qu’ils ont réagi. Aussitôt, ils sont descendus du camion et ont rebranché.
J’avais partagé cette expérience sur une page Facebook. La réaction a été immédiate : pour plusieurs, j’étais simplement fou.
C’est quoi, ce camion-là ?
Tout le monde sait qu’Hydro-Québec utilise des camions bleus. C’est leur signature visuelle. Alors quand tu vois un camion blanc, seul, comment veux-tu qu’il ne saute pas aux yeux ?
C’est extrêmement rare qu’un camion d’Hydro se déplace sans autre véhicule d’accompagnement, et encore plus rare que le chauffeur soit seul. Ils ont pris soin de l’habiller avec un bel ensemble orange bien visible, mais un détail l’a trahi : dès qu’il m’a aperçu, il a pris son téléphone.
C’est d’ailleurs devenu, selon moi, la meilleure façon de les reconnaître. Incapables de ne pas toucher à leur téléphone quand ils te croisent. Est-ce que c’est ce qu’on leur apprend ? Ou est-ce moi qui leur fais cet effet-là ? Je n’ai pas la réponse. Tout ce que je sais, c’est que c’est épuisant.
Les camions de « formation »
L’été dernier, on a vu apparaître ce même camion blanc accompagné de deux camions bleus sur lesquels était inscrit « formation ». Les trois étaient stationnés là, sans activité apparente. Encore une fois, rien ne se passait.
Une autre fois, des résidents m’ont rapporté qu’ils seraient entrés à l’intérieur de la hutte et qu’ils auraient travaillé sur les boîtes électriques dans la cuisine. Pourtant, ce n’est pas leur mandat. Leur travail s’arrête au compteur. Point final.
Six ans à observer les mêmes pions
Ça fait six ans que le capitaine me montre ses pions. Six ans que ça ne s’arrête pas. Tant qu’à être vivant, je vais tous vous les montrer.
Peut-être que c’est toujours la même forme de pion. Peut-être qu’ils reçoivent tous la même formation. Mais les comportements, eux, se répètent :
toujours sur leur téléphone,
toujours en train de bâiller quand ils te voient — comme si ça servait à cacher leur visage —
ils passent vite, comme s’ils devenaient invisibles.
Tellement invisibles que même la police municipale ne semble jamais les voir.

